Jean-José Mesguen

un bel hommage envoyé par la poste l’année dernière.

Quand je les ai vues et entendues pour la première fois, au bout de trois morceaux tandis que tous mes sens étaient focalisés sur ces voix de femmes en scène mon esprit composait et décomposait trois termes, femmes, force, beauté.

[…]

Hommage à Gil AP pour avoir trouvé à les mettre en voix, ces Marseillaises, la Kabyle, la Grecque, la Corse, la Sicilienne, l’Espagnole, et l’on traverse la Méditerranée non seulement d’une chanson à l’autre, mais au sein d’une chanson […]. Sur un texte grec, on entend un instant une mélopée andalouse et sur un texte espagnol un rythme occitan, et la boucle est bouclée par un rythme grec à sept temps quand ailleurs la darbouka ponctuait un chant né très loin de la Kabylie… Mare nostrum, disaient les Romains.

Quand on le reconstitue sur scène, à voix nue, […] le bonheur n’est pas loin, celui qui s’exprime en larmes, comme le malheur. Ce soir-là, c’était sur un très beau poème grec, un autre soir ce sera sur d’autres mots, d’autres notes…

On se prend un moment à ne même plus écouter, à regarder cette beauté, si loin des canons et des corsets des magazines […] : la puissance de ses femmes si différentes et si proches, juste regarder ces chevelures, la lisse et la bouclée, la blonde, la brune et la rousse, la libre et l’attachée… et si c’était aussi simple que ça de trouver l’unité dans les différences ? Voir et entendre des voix, des cultures, des tempéraments aussi distincts dans l’harmonie, on n’a demandé à aucune de ressembler à aucune autre, de s’intégrer ni de s’assimiler à quoi que ce soit, juste d’être elles et d’ensemble nous prêter un peu de leur beauté. […]

Jean-José Mesguen